Vous souhaitez utiliser le pin en extérieur…


Vous souhaitez utiliser le pin en extérieur…

 

Le pin est très utilisé dans notre région, que ce soit pour les terrasses ou les bardages

Le bois de pin est-il utilisable en extérieur ?

OUI – Cependant, pour lui conférer une durabilité compatible avec des ouvrages pérennes, il est nécessaire d’utiliser une protection fongicide et insecticide car les zones de bois jeune appelé aubier (bois jaune pâle) peuvent être attaquées par des champignons de moisissures voire de pourriture selon l’exposition aux intempéries.

Le duramen du pin (bois rouge) est quant à lui naturellement durable mais il constitue rarement 100% d’une pièce de pin.

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Qu’est-ce que les classes d’emploi ?

Selon sa situation en service, autrement dit sa localisation et sa mise en œuvre dans un ouvrage, une classe d’emploi est affectée à la pièce de bois pour signifier son risque d’attaque par les champignons lignivores et donc le niveau de durabilité requis (durabilité naturelle ou conférée par traitement).

Il y a 6 classes d’emploi en fonction de l’humidité ambiante et de l’humidité d’équilibre présumée du bois. Le PIN peut répondre à toutes les classes d’emploi.

Comment connaître la classe d’emploi d’un élément en bois ?

Pour une première approche sommaire et rapide, voici un tableau d’aide à la décision :

Tableau Classes d'emploi

Pour une affectation plus fine des pièces d’un ouvrage bois dans la bonne classe d’emploi, les documents de référence sont les DTU (pour les ouvrages traditionnels comme les bardages ou les terrasses) et le fascicule de documentation FD P 20-651 « Durabilité des Ouvrages Bois ».

Comment sont définies précisément les classes d’emploi ?

Voici quelques définitions combinant des extraits de la norme NF EN 335 et du FD P 20-651:

  • Classe d’emploi 1

Situation dans laquelle le bois est à l’intérieur, entièrement protégé des intempéries et non exposé à l’humidification. En général dans cette situation, les bois ont une humidité d’équilibre moyenne comprise entre 6 et 12%.
Les attaques par les insectes xylophages, incluant les termites, sont possibles, leur fréquence et leur importance dépend notamment de la situation géographique (1).
L’attaque par des champignons de discoloration ou bien par des champignons lignivores, est insignifiante et toujours accidentelle.

  • Classe d’emploi 2

Situation dans laquelle le bois est à l’intérieur ou sous abri, protégé des intempéries, avec une humidité ambiante élevée occasionnelle pouvant conduire à une humidification non persistante (condensation). Le séchage des bois est très rapide. En général dans cette situation d’emploi, les bois ont une humidité d’équilibre moyenne comprise entre 12 et 20 %.
Les attaques par les insectes xylophages, incluant les termites, sont possibles, leur fréquence et leur importance dépend notamment de la situation géographique (1).
Dans cette classe d’emploi, il peut se former de la condensation à la surface du bois et des produits à base de bois. Une attaque par des champignons de discoloration et des champignons lignivores peut se produire.

  • Classe d’emploi 3a

Situation dans laquelle le bois n’est pas en contact avec le sol en extérieur et est soumis à une humidification fréquente sur des périodes courtes (quelques jours). Le séchage des bois est complet avant une nouvelle période d’humidification.
Il est exposé aux intempéries directes mais la conception de l’ouvrage permet l’évacuation rapide de l’eau.

NOTE : pour certaines conceptions drainantes partiellement protégées des intempéries, avec une humidification occasionnelle par la pluie, on admet une affectation en classe d’emploi 2.

Les attaques par les insectes xylophages, incluant les termites, sont possibles, leur fréquence et leur importance dépend notamment de la situation géographique (1).

Une attaque par des champignons de discoloration et des champignons lignivores peut se produire.

NOTE : le risque d’altération par les champignons dépend des conditions climatiques et d’utilisation (température, humidité relative, pluies battantes, conditions structurelles, détails de conception et dispositions relatives à la maintenance).

  • Classe d’emploi 3b

Situation dans laquelle le bois n’est pas en contact avec le sol en extérieur et est soumis à une humidification très fréquente sur des périodes significatives (quelques semaines). Le séchage des bois est complet avant une nouvelle période d’humidification.
Il est exposé aux intempéries directes et la conception de l’ouvrage ne permet pas une évacuation rapide de l’eau.
Les attaques par les insectes xylophages, incluant les termites, sont possibles, leur fréquence et leur importance dépend notamment de la situation géographique (1).
Une attaque par des champignons de discoloration et des champignons lignivores peut se produire.

NOTE : le risque d’altération par les champignons dépend des conditions climatiques et d’utilisation (température, humidité relative, pluies battantes, conditions structurelles, détails de conception et dispositions relatives à la maintenance).

  • Classe d’emploi 4

Situation dans laquelle le bois est :

– soit en contact avec le sol ou un support sujet à humidification récurrente (remontées capillaires, supports sujets à stagnations d’eau,…) ;
– soit en contact avec l’eau douce en immersion partielle (lac, rivière, bassins…) ;
– soit dans le cas d’une exposition aux intempéries ou à d’autres formes d’humidités régulières, avec une conception induisant une rétention importante (exemples: face supérieure horizontale, assemblages non drainants…) ;
– soit dans le cas d’une humidification très prononcée induite, soit par une conception globale spécifique    de    l’ouvrage    (exemple :    ambiance    saturée    en    humidité    générant    de    la condensation), soit par une situation accidentelle (rupture de canalisations).

Les attaques par les insectes xylophages, incluant les termites, sont possibles, leur fréquence et leur importance dépend notamment de la situation géographique (1).

Une attaque par des champignons de discoloration et des champignons lignivores peut se produire.

NOTE : le bois et les produits à base de bois qui sont en permanence immergés ou complètement enterrés et saturés d’eau ne sont pas susceptibles d’être attaqués par des champignons, mais ils peuvent l’être par des b actéries.

  • Classe d’emploi 5

Situation dans laquelle le bois est immergé ou partiellement immergé dans l’eau salée (milieu marin et eau saumâtre naturelle).

L’attaque par des organismes invertébrés marins est le principal problème, particulièrement dans les eaux chaudes, où des organismes tels que Limnoria spp., Teredo spp. et pholades peuvent être la cause de dégâts importants.

Il peut également se produire une attaque par des champignons lignivores et un développement de moisissures de surface et de champignons de bleuissement.

La partie de certains éléments d’ouvrage située au-dessus de l’eau, par exemple les pieux utilisés dans les ports, peut être exposée à des insectes xylophages.

 

NOTE GÉNÉRALE : dans certains cas, bien qu’à l’abri des intempéries directes, des conditions d’humidité ambiantes spécifiques peuvent affecter les parties d’ouvrages en bois ce qui pourra nécessiter des affectations pouvant aller de 3.a à 4.

(1) Si les normes nationales ne spécifient pas le risque d’attaque par des insectes, il convient de consulter les experts locaux ou nationaux pour avis sur le risque d’attaque par les insectes.

 

Sur quelle durabilité peut-on compter pour le pin en extérieur ?

Avec un traitement en autoclave vide-pression, même en utilisation très exposée (contact avec le sol), le pin propose une longévité de 10 à 50 ans. Certains ouvrages utilisant ce procédé ont déjà actuellement plus de 30 ans.

D’autres procédés peuvent être très durables également mais sous condition d’entretien. C’est le cas des systèmes combinant une préservation et une finition pour lesquels la qualité de la finition conditionne la tenue de la préservation et donc la durabilité du bois.

Il existe aussi des procédés plus récents, considérés à ce jour comme des innovations, et dont l’impact sur la durabilité des pins de France nécessite encore d’être évaluée. C’est notamment le cas des différents procédés de Traitement par Haute Température (THT).

Quel procédé de préservation pour quelle classe d’emploi ?

Cette question n’est pas suffisamment précise car cela dépend de la longévité que l’on souhaite obtenir.

En effet, on peut toujours utiliser un pin non traité en contact du sol (classe d’emploi 4) mais la dégradation par un champignon de pourriture est quasi certaine à échéance 1 ou 2 ans.

Le tableau ci-dessous indique la correspondance communément admise par le marché entre les principaux procédés de préservation et la classe d’emploi du bois en question.

Procédés Autoclave vide-pression Traitement THT Trempage
Pulvérisation
Badigeonnage
+ Finition
Trempage
Pulvérisation
Badigeonnage
Sans traitement (purgé d’aubier*)
Classe d’emploi 5 OUI NON NON NON NON
Classe d’emploi 4 OUI Manque de retour d’expérience NON NON NON
Classe d’emploi 3b OUI Manque de retour d’expérience Déconseillé NON Selon l’espèce de pin
Classe d’emploi 3a OUI Durabilité non évaluée Finition à surveiller et à entretenir Sous abri uniquement OUI
Classe d’emploi 2 OUI OUI OUI OUI OUI
Classe d’emploi 1 INUTILE OUI
Pour l’aspect
INUTILE INUTILE OUI

(*) Il est important de rappeler qu’obtenir des pièces en pin purgé d’aubier est théoriquement possible mais considéré comme difficile voire impossible à échelle industrielle pour des produits courants.

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Les pins de France sont-ils utilisables en bardage ?

OUI – En revanche, il est nécessaire d’appliquer sur le pin une protection fongicide et insecticide car les zones de bois jeune appelé aubier (bois blanc jaune) peuvent être attaquées par des champignons de moisissures voire de pourriture selon l’exposition aux intempéries.

Si cette protection est appliquée par badigeonnage, pulvérisation ou trempage, une finition est indispensable pour empêcher le lessivage du produit de préservation par la pluie. Il existe quelques produits qui assurent à la fois la protection fongique et la finition.

Cette finition devra bien évidemment être entretenue pour maintenir active la protection du bois. Il existe aussi des procédés de traitement plus définitifs et stables dans le temps qui dispensent de cette finition : voir le traitement en autoclave ou le traitement par haute température THT.

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En quoi le pin autoclavé est-il une solution intéressante en bardage ?

Le pin imprégné en autoclave est intéressant car il permet une utilisation du bois « sans limite » et il dispense notamment du questionnement lié à la durabilité du bois qui impose des contraintes de conception, de solution et de mise en œuvre.

Ainsi, un bardage en pin imprégné en autoclave (classe 4) peut …

  • Recouvrir tout type de paroi, quelle que soit son orientation, sa pente, la localisation de l’ouvrage, le climat ou l’environnement immédiat.
  • Avoir n’importe quel profil (rappel : l’imprégnation doit avoir lieu après profilage)
  • Être posé selon toutes les méthodes (claire-voie, recouvrement, chevauchement, emboitement) et dans tous les sens souhaités (horizontal, vertical, diagonal).
  • Résister aux termites en zone infestée

Plus besoin de se demander « en quelle classe d’emploi est mon bardage ? ». Qui peut le plus, peut le moins. La classe 4 couvre toutes les situations possibles d’un bardage.

Il convient cependant d’éviter au maximum les zones de stagnation d’eau sur les façades.

Qu’est-ce qu’un autoclave ?

L’autoclave est une enceinte fermée, étanche, dans laquelle on soumet un contenu à une pression de quelques bars. Cette invention du 17ème siècle a notamment été utilisé comme stérilisateur par Nicolas APPERT qui a inventé la conserve alimentaire.

Il est aussi utilisé en médecine pour la stérilisation des instruments en atmosphère d’eau surchauffée ou en chimie pour certaines réactions nécessitant une mise sous pression.

Dans l’industrie du bois, c’est une installation dont l’objectif est d’imprégner le bois en exerçant une pression sur un liquide, qui peut être de différente nature : préservation, densification, ignifugation, coloration, etc.

Les    autoclaves    cylindriques    (section    circulaires)    sont    appelés    « vide-pression »    et    utilisent généralement le système BETHELL ou « vide et pressions alternés ».

Les autoclaves rectangulaires (section carrée) ne sont pas conçus pour monter en pression et utilisent le système dit VAC-VAC ou « double-vide ». Ils ne permettent pas d’obtenir une imprégnation aussi profonde que le système vide et pression.

Contrairement à une idée largement répandue, le traitement des bois en autoclave se fait à température ambiante. Il consomme donc très peu d’énergie.

Le pin « traité à cœur » est-il imprégné à 100% ?

NON – Cette expression est souvent utilisée pour parler du traitement en autoclave sous pression car le produit pénètre profondément jusqu’au cœur du pin. Mais il est impossible de le faire pénétrer DANS le cœur même du pin (le duramen) car celui-ci n’est pas imprégnable.

Il est donc normal de constater en tronçonnant une pièce de pin imprégné qu’il y a une zone non-traitée, en principe rouge (couleur du duramen).

D’ailleurs, pour maintenir la protection du traitement et la compatibilité avec la classe d’emploi 4, il est impératif de ne pas usiner les bois une fois sortis de l’autoclave. Tout usinage doit être réalisé avant l’imprégnation.

Si toutefois une découpe a lieu, il est nécessaire de rétablir la protection à l’aide d’un produit spécial « traitement des coupes » et de ne pas utiliser les bois recoupés en classe d’emploi 4.

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Que signifie « pin classe 4 » ?

« Classe 4 » fait allusion à la « classe d’emploi » du bois dans un ouvrage. L’expression « pin classe 4 » n’est pas correcte car une essence de bois ne peut être qualifiée par une classe d’emploi qui désigne uniquement la situation du bois dans un ouvrage.

En général, il est communément admis sur le marché que le « pin classe 4 » désigne le pin ayant été imprégné sous pression en autoclave avec un produit de préservation permettant son usage en classe d’emploi 4.

On parle aussi de « pin autoclavé ».

Que signifie « pin autoclavé » ?

Il s’agit de pièces de pin ayant été imprégnées sous pression dans un autoclave.

Il est communément admis par le marché qu’un « pin autoclavé » désigne par défaut une imprégnation dont le but est d’améliorer la durabilité du bois. On parle de traitement de préservation. Mais l’imprégnation en autoclave peut avoir d’autres objectifs comme l’ignifugation, la densification, la coloration, etc.

Quel est le principe actif utilisé pour obtenir du « pin classe 4 » ?

La plupart des produits utilisent des sels de Cuivre comme principe actif de base.

Le Cuivre est connu comme élément principal de la fameuse « bouillie bordelaise ». Il a l’avantage de se fixer correctement dans les cellules du bois pour résister aux intempéries.

Combiné à cet élément naturel, des composés organiques biodégradables permettent d’atteindre un pouvoir fongicide suffisant. Ces composés sont des produits phytosanitaires couramment utilisés en agriculture, en jardinage ou dans l’industrie.

D’autres produits de préservation utilisent le Bohr comme élément principal mais son inconvénient est d’être plus facilement lessivable que le Cuivre.

Les bois autoclavés peuvent-ils être utilisés en contact de l’homme ou des animaux ?

OUI – Les produits utilisés sont bien sûr toxiques ou irritant sous forme concentrée mais ils sont utilisés dans le bois sous forme très diluée.

La marque de qualité CTB B+, délivrée par le FCBA, atteste de l’efficacité mais aussi de la non- toxicité des bois traités en autoclave pour l’homme, les animaux et l’environnement en général.

Le pin est-il le seul bois pouvant être utilisé en classe 4 ?

NON – Néanmoins, c’est sans doute la solution la plus proche, la plus disponible et la plus compétitive.

Même s’il faut passer par une imprégnation, le « pin autoclavé » sera toujours plus accessible qu’un bois feuillu comme le chêne ou le châtaigner, ou qu’un bois exotique du type ipé ou padouk.

La couleur verte est-elle synonyme de « pin autoclavé » ?

NON pour plusieurs raisons – Certains bois « verts » ne sont pas traités sous pression en autoclave mais seulement par trempage au bac avec un colorant (cas de produits d’importation).

D’autres essences résineuses utilisent l’imprégnation en autoclave aux sels de cuivre pour améliorer leur durabilité. C’est le cas de l’épicéa et du sapin.

Une fois traités, les 3 essences ont donc sensiblement la même couleur… mais pas la même durabilité !

Il n’est pas conseillé d’utiliser le sapin-épicéa autoclavé au-delà de la classe d’emploi 3A (pièces exposées aux intempéries sans stagnation d’eau, ou verticales).

Dans le commerce, il est fréquent de voir marqué « pin » sur les étiquettes de produits en sapin ou en épicéa autoclavé.

La couleur verte est-elle synonyme de « classe 4 » ?

NON – Il est possible d’effectuer dans un autoclave un traitement adapté seulement à la classe d’emploi 3B, avec le pin ou d’autres essences résineuses.

Par exemple, le douglas peut être imprégné sous pression car il a également un aubier imprégnable. Or, bien qu’il prenne une couleur proche de celle du pin autoclavé, son utilisation en classe d’emploi 4 est déconseillée (longévité limitée).

Un pin « autoclavé » pour la classe 4 est-il toujours vert ?

NON – Il existe aujourd’hui des solutions pour traitement en autoclave qui colore le bois en brun (marron) ou même en gris. Renseignez-vous auprès de votre fournisseur.

La couleur marron est appréciée car elle donne au pin un aspect « bois exotique », pour ne pas dire ipé, ce qui est apprécié notamment en terrasse.

Dans le temps, la couleur du traitement s’estompe et le pin autoclavé devient progressivement gris, comme les bois non-traités mais peut-être un peu plus lentement.

Retrouvez la Galerie Photos des TERRASSES

Les propriétés mécaniques du pin sont-elles conservées après imprégnation ?

OUI – Seule condition pour pouvoir affirmer cela : le bois doit être sec.

Or, lorsqu’il sort de l’autoclave, le bois est imbibé d’eau, ce qui signifie qu’il faut prévoir une étape de séchage avant de le mettre en œuvre, séchage à l’air ou en séchoir artificiel.

La norme NF EN 15228 spécifie les produits de traitements pour lesquels les propriétés mécaniques du bois sont conservées et on y retrouve les principaux produits actuellement sur le marché.

Quel est l’impact environnemental du processus d’imprégnation en autoclave ?

FAIBLE – L’imprégnation en autoclave est très peu énergivore puisqu’elle met en œuvre uniquement des pompes électriques pour remplir la cuve et la vider ainsi que pour monter le liquide en pression. Il n’y a aucune montée en température, ce qui dans tous les processus industriel est l’opération la plus énergivore par définition.

Tous les procédés industriels ayant leur point faible, ce que l’on peut dire de l’imprégnation en autoclave est qu’elle est consommatrice d’eau.

L’énergie grise des pins de France autoclavés au cours de leur cycle de vie est faible. Il s’agit de bois locaux, valorisés localement, avec peu de moyens, et à destination en général de marchés locaux, et dont la durée de vie est longue. D’autre part, le rendement matière du processus est de 100% puisque tous les bois entrant dans un autoclave sont utilisables ensuite, ce qui n’est pas le cas de tous les processus de valorisation du bois.

Le pin classe 4 est-il un déchet spécial ?

NON – Un produit en pin traité en autoclave (aux sels de Cuivre ) est considéré comme DIB (déchet industriel banal) et ne nécessite aucun retraitement particulier. Il faut simplement les séparer des autres bois pour permettre une meilleure revalorisation.

Ces bois traités ne contiennent plus ni métaux lourds ni arsenic comme cela a pu être le cas à une époque. Il est tout de même déconseillé de s’en servir pour le barbecue ou la cheminée.

Existe-t-il un autre procédé que l’autoclave pour rendre le pin utilisable en classe 4 ?

NON, pas à ce jour. Les autres procédés existant pour améliorer la durabilité du bois sont de deux types :

  • Modification des composants du bois par élévation de température (THT)
  • Modifications moléculaires par imprégnation et greffage chimique

Aucun de ces deux types de procédés n’a pour l’instant fait ses preuves pour les bois en contact avec le sol (classe d’emploi 4) en France.

Certains sont à l’étude au FCBA mais sans publication de résultats pour l’instant.

Quelle compatibilité entre pin classe 4 et autres produits ou procédés ?

Ce que le pin imprégné en autoclave (ou par trempage au bac) ne permet pas c’est d’être à nouveau imprégné par le même processus avec un autre produit. En effet, les deux produits successifs se mélangeraient dans la cuve entrainant de grosses complications, et l’efficacité du premier produit s’en trouverait diminuée.

En revanche, il existe tout de même un procédé permettant d’imprégner le bois d’abord d’une solution de préservation puis d’une huile colorée pour l’aspect : le procédé PROLIN.

De même, l’application par pulvérisation ou badigeonnage de saturateurs qui imprègnent le bois en surface est possible sur les pins autoclavés et donne de bons résultats.

Quant aux finitions filmogènes (lasures, peintures, vernis), elles sont aussi compatibles avec le pin autoclavé une fois que celui-ci est bien sec. Pour les finitions opaques, il convient d’éviter les couleurs trop claires car les sels de Cuivre injectés en autoclave dans le pin peuvent migrer à travers la finition notamment au niveau des nœuds du bois et créer des traces jaunâtres.

L’imprégnation en autoclave est-elle compatible avec toutes les qualités de pin ?

OUI – C’est la particularité de ce procédé et ce qui fait sa grande popularité auprès des professionnels. Toutes les qualités de pin peuvent être imprégnées en autoclave et en ressortent avec une durabilité améliorée. Le procédé ne génère pas de bois déclassé, impropres à la consommation.

Un procédé industriel d’amélioration avec un rendement de 100 %, c’est suffisamment rare pour être signalé et souligné.

En quoi consiste le traitement Haute température (THT) ?

Il s’agit d’un processus de valorisation du bois applicable aux pins de France, pour les rendre plus stables et plus résistants aux attaques de champignons.

Il existe différents protocoles mais le principe général est identique. Placés dans un four, les bois subissent une élévation de température contrôlée (entre 140 et 280 °C selon les procédés) dans une atmosphère neutre empêchant la combustion du bois.

Cette température est maintenue pendant une longue période (7 heures minimum et parfois plus de 2 jours, selon les procédés) ce qui conduit à la disparition plus ou moins complète d’un des constituant du bois : les hémicelluloses. Or, c’est sur les hémicelluloses que les molécules d’eau se fixent au bois. En les supprimant, on permet donc au bois de moins retenir l’eau. Le bois devient moins hydrophile.

Les principales conséquences de ce traitement sont :

  • Diminution voire suppression des variations dimensionnelles.
  • Diminution du risque de développement de champignons.
  • Diminution des propriétés mécaniques (surtout la dureté)
  • Modification de la couleur : le pin juste traité THT est brun foncé

La durabilité des pins traités THT n’est pas encore parfaitement évaluée mais c’est une solution qui a fait ses preuves en bardages notamment.

Les bois THT deviennent très rapidement gris puis noirs, de manière assez uniforme.

Écomusée de SABRES

Le pin traité THT est-il utilisable en structure ?

NON – Pour toutes les essences, le traitement à haute température du bois modifie la composition de celui-ci et les données statistiques de base de chaque essence ne sont plus valables.

Pour tous les procédés, la résistance en flexion et la résistance au poinçonnement sont sensiblement affectées et l’usage en structure est généralement proscrit. Il n’existe pas de classement mécanique pour les bois THT.

Quels sont les principaux usages du pin en extérieur ?

Le pin imprégné en autoclave est le matériau idéal pour toutes les structures extérieures, ponts, pontons, passerelles, préau, auvents, abris, etc. Il est aussi très utilisé pour les terrasses, les platelages, les bardages et tous les revêtements extérieurs, verticaux ou horizontaux.

Quant à son utilisation en mobilier extérieur et en aménagements paysager, elle est très fréquente.

De manière générale, les collectivités plébiscitent le pin traité en autoclave pour tous leurs aménagements extérieurs car c’est un matériau compétitif, qui a fait ses preuves et dont la souplesse d’utilisation est énorme.

Galerie photos AMÉNAGEMENTS EXTÉRIEURS

Quel entretien pour le pin en extérieur ?

Comme tous les bois exposés aux intempéries et aux UV, le pin imprégné en autoclave va grisonner naturellement, ce qui n’est le signe que d’une dégradation superficielle du matériau, sans conséquence sur sa durabilité.

Seule une finition entretenue peut stopper ce phénomène naturel. Il faut cependant prendre conscience que l’on rentre alors dans un cycle de maintenance régulière sans possibilité d’en sortir.

Il existe des produits pour redonner une certaine fraicheur aux bois devenus gris mais la teinte initiale sera rarement retrouvée.

L’idéal est vraiment d’accepter le grisonnement du bois.

On peut d’ailleurs constater que la teinte des pins imprégnés évolue plutôt lentement et de manière uniforme.

On peut éventuellement mettre en œuvre des pins « prégrisés ». Deux procédés courants pour çà :

  • Saturateurs teintés gris vieux bois que l’on peut laisser vieillir sans entretien car le grisonnement naturel du bois prend à un moment donné le relais de la finition
  • Imprégnation en autoclave teintée grise. Seule limite connue à ce jour, l’impossibilité pour ce type de produits d’être mis en œuvre dans le sol (classe d’emploi 4).

Quoiqu’il en soit, même traité, le pin nécessite d’être régulièrement nettoyé, surtout en terrasse, pour conserver un aspect sain et agréable à l’œil.


A propos de loloadmin

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